Mon nom est Pedro de Andrade Caminha, fils de Manuel de Andrade Caminha y Faria e Sousa, et je suis un Agent de la Paix terrestre.

Bon, en fait, pas du tout.

Pour dire la vérité, lorsque, sur son lit de mort, mon père, Dieu le bénisse, riche propriétaire terrien du nord du Portugal, m’a légué son immense fortune ainsi que cette éclatante Citroën SM modèle 1970, il m’a fait jurer d’être un AGENT DE LA PAIX TERRESTRE, de ne jamais fourguer la Citroën, et de… hum… il y avait autre chose, mais ça m’est sorti de la tête.

Autrement dit : il débloquait complètement.

Ceci étant, cet héritage me fait vivre dans une aisance et une oisiveté plaisantes depuis 5 ans aujourd’hui. En tant qu’Agent de la Paix terrestre, je mets un point d’honneur à boire l’apéritif tous les jours au soleil, puis de me consacrer pleinement à ma mission : chercher les chats en haut des arbres, séparer les gamins qui se disputent, et oh, une fois j’ai du courir derrière un voleur de citrons, mais sans grand succès – contrairement à l’idée reçue, Agent de la Paix terrestre est un métier qui n’entretient pas la forme physique.

Au crépuscule, je gare ma Citroën sur la place devant une ferme de Vila Cova da Lixa, un village qu’on croirait abandonné à cette heure, et pour cause : c’est la finale du match de foot et le Portugal y joue. Et pourquoi, moi, je suis pas peinard devant la télé ? Parce qu’un péquenaud de fermier m’a appelé disant que le DIABLE avait pris possession de sa vache et que seul un Agent de la Paix terrestre pouvait intervenir. Yes, c’est pas des blagues. Où va le monde, je vous le demande.

Ma Citroën se gare onctueusement sur le gravier de la cour de la ferme.

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